Pourquoi le Maroc a bloqué l’ouverture du premier magasin Ikea du royaume ?

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L’inauguration du nouveau magasin du géant suédois des meubles en kit, était initialement prévue ce mardi au Maroc. Officiellement, si elle a été annulée au motif qu’Ikea « ne disposait pas de certificat de conformité », les véritables raisons sembleraient être de nature diplomatique.
Alors que les Marocains attendaient impatiemment l’ouverture du centre commercial IKEA près de Mohammedia, près de Casablanca, ce mardi 29 septembre, le Maroc a décidé in extremis de le bloquer.

La veille, les chefs de 9 partis politiques, de la majorité et de l’opposition, se sont réunis, sous la houlette du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Ces derniers ont évoqué l’hostilité de la Suède envers la position marocaine sur le Sahara et appelé par conséquent à reconsidérer les relations économiques avec ce pays.

La wilaya de Casablanca – l’autorité chargée de valider les projets d’investissement dans la capitale économique et sa région – a aussitôt publié un communiqué. Ce dernier avance que l’inauguration du magasin IKEA a été annulée au motif qu’il « ne disposait pas de certificat de conformité, qui doit être délivré par la commune et les administrations concernées ».

Reconnaître « l’entité sahraouie », une promesse du Parti social-démocrate suédois des travailleurs

« Cela fait 10 ans que la Suède manifeste son ralliement à la thèse du Polisario et déclare – via son parti au pouvoir [le Parti social-démocrate des travailleurs] – que le Maroc exploite indûment les richesses naturelles de cette région tout en appauvrissant la population locale », déclare un membre du gouvernement marocain.

Début septembre, le Parti social-démocrate suédois des travailleurs a déposé une proposition de loi afin de reconnaître la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et aurait, selon les Marocains, reçu avec les honneurs une délégation du Polisario. En 2010, lors de son congrès national le parti s’était engagé à reconnaître « l’entité sahraouie » s’il accédait au pouvoir.

«Ils font l’amalgame entre le dossier du Sahara et la question palestinienne et considèrent que tous les deux sont des cas de décolonisation», se défendent les Marocains.